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12 mars 2026 4 12 /03 /mars /2026 09:38
Vue aérienne de HSA

En janvier 2026, le docteur Pascal Petitmengin et Marie-Renée, son épouse, ont passé 4 semaines à Mananjary sur le site de l'hôpital Sainte-Anne.

Ils ont posté des reportages disponibles sur le site de l'association de Lorraine, l'ALEHSAM (lien : https://www.alehsam.com/).

Nous proposons ici un résumé des faits marquants de leur séjour (les propos de Marie-Renée sont repris en italique).

1. Des soins prodigués par l'hôpital

1.1 Splénectomie totale (ablation chirurgicale de la rate complète)

"Samedi matin (17 janvier) j’ai assisté à une splénectomie sur une femme de 60 ans.

Celle-ci est venue consulter pour des douleurs abdominales. Une échographie a été demandée par les médecins et effectuée en ville ; elle a révélé une splénomégalie (augmentation anormale du volume de la rate).
Les causes de splénomégalie sont souvent liées aux infections tropicales comme le paludisme (très fréquent), la tuberculose, la leishmaniose ou la bilharziose….

Intervention chirurgicale par le Dr Parfait

Le docteur Parfait chirurgien de l’hôpital a donc décidé, en accord avec la malade de faire l’ablation de la rate le vendredi matin.
Mais pour effectuer cette opération il faut du sang car c’est un acte qui peut beaucoup saigner. N’ayant pas encore de banque de sang à l’hôpital, (mais cette demande est envisagée pour 2026) les 4 poches de sang nécessaire sont demandées à Manakara (6 heures de route).

Le chauffeur parti en ambulance le vendredi matin 9h n’est rentré qu’après 16h.

L’opération est donc reportée au lendemain.

Rate de 400 gr présentée par Dr Parfait

 

Samedi matin, la patiente est anesthésiée, intubée et l’opération peut commencer. Le chirurgien après ouverture et découverte de la rate et du foie, hésite : doit-il enlever la rate vu l’état dégradé du foie. Il décide tout de même faire l’ablation mais envoie en anatomopathologie un morceau du foie et de la rate.

L’opération aura duré 2 heures, la rate pesait 400gr. (le double d’un poids normal). D’autres opérations similaires ont eu lieu à l’hôpital où le poids de la rate a atteint les 13 kg.

L’opérée à ce jour se remet progressivement de son opération."

1.2 Autogreffe

Application d'un pansement au miel

"Le 29 novembre 2024, Erika, un jeune de 15 ans, est arrivé de la brousse avec une plaie importante sur la cuisse droite. Erika avait d’abord été soigné au village avant d’être amené à l’hôpital. Comme souvent à Madagascar, les malades, les blessés se rendent dans les dispensaires lorsque le cas devient trop difficile à soigner voire impossible. Ce qui explique l’état de la jambe d’Erika à son arrivée.

Après de nombreuses recherches et la consultation d’un dermatologue en France, le diagnostic est tombé : Ulcère de Buruli."

 

Jusqu’à ce jour de janvier le traitement était basé sur des antibiotiques et des pansements au miel.

Le 20 janvier 2026 le Dr Parfait a décidé de réaliser une autogreffe.

Prélèvement pastilles
Prélèvement sur jambe gauche

"Mardi matin le docteur Parfait a réalisé l’autogreffe sur les jambes d’Erika. Il a prélevé 22 pastilles sur la jambe gauche qu’il a ensuite déposé sur l’ulcère.

 

 

 

Pastilles après l'intervention

Vendredi matin le pansement a été refait, il est propre et toutes les pastilles ont tenues. On espère que cette greffe accélèrera la guérison d’Erika."

 

 

 

22 février 2026

 

 

Au 22 février, il s'avère que 16 pastilles ont pris.

 

 

 

 

2. Les travaux continuent

2.1 Construction du pôle mère-enfant
Vue aérienne du pôle mère-enfants
Travail des charpentiers

 

Travail des maçons

"Les maçons préparent les murs. Les charpentiers mesurent, pour les bois de la charpente. Bois de plus en plus difficile à trouver à cause de la déforestation."

2.2 Entretien des cuves du château d'eau
Vue du château d'eau

"Vues depuis le château d’eau où les cuves de 1000 litres ont été nettoyées. Cette opération est effectuée deux fois par an. Les cuves sont successivement vidées, javelisées, rincées. Les filtres et les lampes UV sont également changés."

Chateau d'eau

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Noël dans la salle de filtration

"Système de filtration de l’eau, pièce située au bas du château d’eau, c’est là que Jean- Noël responsable des travaux et bras droit du père Jean-Yves fait ses calculs pour le pôle mère-enfant."

2.3 Dallage des chemins d'accès

Chemin d'accès entre hôpital et maison du directeur

"Je vous parlais l’année dernière de l’opération des tirelires d’enfants du catéchisme de MARLY qui a permis de récolter une somme d’argent.

Cet argent a été employé pour acheter des dalles de granit.

Celles-ci sont déposées au niveau du passage des roues des véhicules. D’autres sont conservées pour lester les toits lors de cyclone.

Un beau don bien employé, merci encore à tous ces enfants."

3. La récolte du riz

"Avec 2,5 hectares de rizières le père Jean-Yves voudrait, en deux récoltes par an, obtenir 13 tonnes de riz paddy (riz non décortiqué) qui donneront 10 tonnes de riz blanc.

Séparation des grains de riz de la paille

Ce riz dans les rizières est tapé sur des tonneaux. La paille de riz est ramassée, stockée et dès que le temps le permet séchée au soleil.

Cette paille de riz sert de litière pour les vaches et ensuite de fumier qui est déposé dans les rizières.

 

 

Ependage de fumier de porc dans une rizière

 

Pour certaines rizières qui ne sont pas très productives un premier fumage est effectué avec du fumier de porc récupéré à Mananjary. Ce fumier est déposé sur la rizière qui est ensuite retournée par les journaliers.

 

 

Riz paddy mis en sac

Les grains sont ramassés, séchés au soleil puis des femmes des villages des alentours les "nettoient". Elles enlèvent la poussière, les brindilles...

Les grains sont ensuite resséchés et mis en sac de 50 ou 60 kilos et stockés toujours dans une pièce du garage. Ce riz paddy sera ensuite décortiqué et deviendra riz blanc."

 

 

A voir, cette petite vidéo réalisée en janvier 2026 :

Pour conclure

"Nous avons quitté un hôpital qui fonctionne admirablement bien, autosuffisant en eau, en électricité, bientôt en riz et en légumes. Le potager, après la saison des pluies va être mis en culture et le fumier des vaches lui servira d’engrais. Le lait de ces vaches permet de faire des yaourts. Les arbres fruitiers plantés depuis de nombreuses années produisent suffisamment pour satisfaire tous les malades. L’hôpital dans son ensemble est propre, l’ambiance agréable et les consignes bien suivies. On a pu noter le nombre croissant de patients venant pour des examens de laboratoire, une consultation ou pour une opération.

Toutes nos félicitations au père Jean-Yves qui dirige cet établissement avec efficacité, en pensant à l’avenir tout en restant très humain avec tous les employés ou leur famille. Notre séjour nous a confirmé la bonne utilisation des dons reçus et nous encourage à poursuivre nos efforts pour aider l’hôpital Sainte-Anne. Merci à tous pour votre soutien."

Marie-Renée et Pascal Petitmengin - janvier 2026

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 19:35

Message du Père Jean-Yves Lhomme du 28-12-2025

A Madagascar, on n’aime pas être hospitalisé pendant les fêtes de toutes sortes comme les célébrations de rites ancestraux... encore moins lorsque c'est la fête nationale, le 26 juin, dite de l'indépendance. C'est aussi vrai en occident !

Ici, on va jusqu'à attendre que la fête soit passée avec des conséquences parfois fâcheuses pour venir dans les temps ou attendre la fin de la fête. D'autres malades vont même jusqu'à demander à sortir alors que leur état l'interdit. Dans ces cas-là, nous demandons la signature d'une décharge.

Le personnel du service de chirugie prépare le sapin et la crèche

Noël ! Quelle fête magnifique, paisible, familiale qui nous dit la Paix, l'Amour, l'Amitié entre tous ! Pour les chrétiens, c'est un moment fort de leur vie. Pour ceux qui ne le sont pas et pour la plupart, dans d'autres religions ou non, elle est fêtée dans les mêmes dispositions et respectée.

J'écris cela, ce vendredi 26 décembre au matin, après avoir entendu des polémiques et commentaires sur une chaîne de télévision française où il ne faudrait plus dire "Joyeux Noël" mais " joyeuses fêtes" car la France est un état laïc. On confond tradition et religion !

Je reçois le matin des grandes fêtes laïques ou religieuses de nombreux SMS me souhaitant une bonne fête... même pour la fête des pères... c'est vrai que je suis un peu le père de tous.

Le matin de Noël les SMS furent nombreux tel le SMS de notre agent d'accueil et de sécurité de l'hôpital qui est musulman, actuellement en congé annuel qui disait : "Joyeux Noël, Mon Père". 

Alors oui, chers amis, à tous, "Joyeux Noël", en espérant que vous avez passé une belle fête en famille telle que nous les aimons !

Noël à l'hôpital Sainte-Anne a été un peu plus lumineux que d'habitude grâce à nos amis d'ATM- Aide aux Missions qui nous ont envoyé des guirlandes et motifs électriques ; Un grand merci à eux !

Motifs électriques sur les poteaux des varangues des services d'hospitalisation

Le sapin et la crèche des services d'hospitalisation

 

Les décorations de la maison du directeur :

Ses illuminationes extérieures visibles de l'hôpital

 

Sa crèche
Son sapin

 

Le gâteau de l'Hôpital pour les malades, leur garde de nuit et le personnel de garde que nous avons fait préparer en ville et que nous sommes allé chercher le matin du 25 :

 

 

Confiseries distribuées aux malades, au personnel de garde, aux visiteurs :

 

 

 

A tous, un tout aussi bel Nouvel An, journée mondiale de la Paix !

Puisse-t-elle devenir réalité pour tous les peuples et surtout leurs dirigeants dont nous souhaitons vivement qu'ils soient empreints d'humilité, recherchant le bien-être du peuple dont ils sont les représentants, sans recherche égoïste d'un repli sur soi en comprenant que l'ensemble des nations vivant en heureuse harmonie est la clé d'un réel développement des personnes dans leur individualité, dans leur nation, leurs échanges de tous ordres avec le monde. 

P. Jean-Yves

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29 novembre 2025 6 29 /11 /novembre /2025 17:20

Message du Père Jean-Yves Lhomme, le 18 novembre 2025.

La ville de Mananjary est une ville de plus de 40 000 habitants. Aussi bien à l'hôpital public de la ville qu'à l'Hôpital Sainte-Anne, il n'y avait pas de défibrillateur alors que dans nos pays comme la France, nous sommes habitués à en voir un peu partout dans les lieux de grand passage.

 

 

 

C'est chose faite désormais grâce à nos amis rotariens d'Amboise et de l'Atahsam, en Touraine.

 

Local infirmier

 

 

 

Le défibrillateur semi-automatique, le même modèle que l'on trouve dans les lieux publics en France, est placé dans le local infirmier du service de médecine.

Il peut être emporté dans l'ambulance.

Intérieur de l'ambulance

 

 

 

 

Ambulance d'HSA

 

 

Livré dans un simple carton, l'hôpital a fait l'acquisition d'un coffret spécifique qui sonne lorsqu'on l'ouvre (voir la vidéo ci-après).

Salle de réveil

Le défibrillateur automatique avec monitoring est placé dans le local technique, plus précisément dans la salle de réveil non loin du bloc opératoire où on peut en avoir besoin lors des interventions.

Sur la photo se trouve le Dr Parfait, notre chirurgien, entouré de la surveillante de chirurgie, de l'infirmier anesthésiste et de l'infirmier de bloc.

Une nouvelle étape est franchie dans l'hôpital - HSA international - (expression surprenante) pour reprendre les mots du docteur Dominique Lu Duuc, pharmacien, docteur en pharmacie, praticien hospitalier dans le domaine de l'hygiène hospitalière, de PHI Isère, présente actuellement sur place avec 3 amis de PHI Anjou. Leur présence parmi nous sera l'objet d'un autre reportage.

Le docteur Dominique, parmi nous pour la seconde fois, donne des formations au personnel paramédical de l'hôpital (infirmier(es) du bloc, des services de chirurgie/maternité, médecine, aides-soignants et personnel d'entretien des locaux de l'hôpital).

"HSA international", une expression interne, tout simplement pour signifier que l'Hôpital Sainte-Anne, avec l'effort de tous, tend à être aux normes internationales dans le seul but de répondre aux exigences de qualité des soins et de sécurité des malades que l'hôpital accueille.

Ensemble, nos amis rotariens d'Amboise et de l'Atahsam continuent de se mobiliser avec le soutien de la Fondation aux Etats-Unis pour que nous puissions acquérir 2 nouvelles machines pour atteindre une complétude des examens réalisés. Le projet est en cours de réalisation !

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 20:44
Message envoyé le 16 octobre 2025 par le Père Jean-Yves

Une nouvelle étape de franchie!

Le Rotary Club Lafayette de Metz a été le soutien financier de notre laboratoire d'analyses médicales avec l'achat de l'ensemble des machines nécessaires et indispensables. Depuis l'ouverture de l'Hôpital en février 2022 pour accueillir l'hôpital public pendant une année après sa destruction par le cyclone Batsiraï le 5 février 2022 et l'ouverture officielle le 23 mai 2023, notre laboratoire fonctionne de manière optimale tous les jours de la semaine dont le samedi matin et une permanence le dimanche matin et peut ainsi réaliser un ensemble de nombreux examens : biochimie - sérologie - hématologie - hémostase - immunologie ( immunofluorescence , immunoenzymatique - 2 machines) - parasitologie. 

La bactériologie était en projet!

C'est chose faite depuis le mois d'août dernier. Monsieur Doenitz de la société Maexi dans la capitale chez qui nous avons acquis des appareils de qualité, est venu plusieurs jours pour une formation de nos 2 laborantines et notre laborantin. S'ils avaient étudié la bactériologie au cours de leurs études, ils n'ont pas eu l'opportunité d'en faire par la suite. Beaucoup de laboratoires à travers le pays ne font pas de bactériologie.

La compétence de monsieur Doenitz (il est malgache), technicien biomédical, passionné par son travail, fort sympathique de surcroît, a suscité  chez notre personnel du laboratoire un vif intérêt pour la bactériologie qui est, désormais,  "en route" et nous montre, déjà, à son tour, sa compétence.

 

La remise à jour du savoir et des compétences en bactériologie de nos 2 laborantines : Finoana et Soeur Stella (religieuse indienne depuis 13 ans à Madagascar) , cachée par cette dernière et Helyos, notre laborantin avec Monsieur Doenitz.

L'Hôpital possède un poste de sécurité microbiologique (PSM).

Au fil du temps, le laboratoire de l'Hôpital Sainte-Anne devient de plus en plus complet et performant.  Il n'y a que l'anatomopathologie qui nécessite la présence d'un anatomopathologue, que l'hôpital ne fera pas (nous envoyons nos biopsies, peu fréquentes, au CHU de Fianarantsoa à 190 km de Mananjary) . Les personnes, hospitalisées ou en consultation externe chez nous,  de l'hôpital public dont le laboratoire est limité de par le nombre de ses machines, des prescriptions des médecins de ville qui ont besoin d'analyses médicales pour leurs patients, n'ont plus besoin de se déplacer vers Fianarantsoa ou la capitale. Un progrès indéniable pour les personnes qui ne peuvent se déplacer que difficilement ou qui n'en n'ont pas les moyens financiers.

 

Finoana au travail au PSM.

 

 

Il reste à l'Hôpital Sainte-Anne d'acquérir 2 nouveaux appareils : un pour les gaz du sang (il permet, après l'introduction de sang et après 45 secondes, d'avoir les résultats de 10 paramètres en mesure directe et 24 autres paramètres calculés à partir de ces 10 paramètres), un autre, un électrophorèse  pour savoir si les malades drépanocytaires, très nombreux dans notre région, sont homozygotes ou hétérozygotes. L'examen ne peut se faire, actuellement, que dans la capitale à ...550 km. Le projet est en cours avec nos amis rotariens d'Amboise en Touraine, là où pendant 4 ans, avant d'entrer au séminaire, j'ai travaillé à la pharmacie de l'hôpital. Nous espérons avec nos amis que le projet aboutira. Il faut au Club d'Amboise faire appel à la Fondation aux Etats Unis car c'est un matériel qui a un certain coût .

 

Les 3 laborantins, à tour de rôle, font la bactériologie.

 

 

 

 

 

Helyos prépare des boîtes de Pétri dans le PSM.

 

 

Le laboratoire possède tous les instruments et consommables nécessaires pour un travail de qualité dans les meilleures conditions.

 

 

Un antibiogramme avec un antibiotique où l'on peut voir à quoi le germe est sensible. C'est heureux que le laboratoire

puisse le faire dans un pays où les gens de leur propre initiative consomment des antibiotiques achetés ici ou là chez des petits revendeurs et ne respectent pas, de ce fait, les doses. D'où viennent ces médicaments? Mystère! Sont-ils la bonne molécule? A voir!

 

L'étuve pour les cultures. Une marmite! Pour les cultures anaérobies. Système D en attendant la jarre qui doit venir de France. Dans la marmite, il y a une bougie qui consomme l'oxygène donc s'éteint au bout d'un moment. La culture anaérobie peut se faire avec garantie.

 

 

Une bouteille de CO² achetée dans la capitale à la même société où s'approvisionne l'hôpital en O². Reste la jarre à venir pour faire les cultures anaérobies dans les règles de l'art avec le matériel adéquat.

 

Deux fois par an, Monsieur Doenitz vient vérifier toutes les machines du laboratoire avec changement éventuels de pièces avec procès verbal... s'il y avait un contrôle du ministère de la santé. Certaines machines s'auto contrôlent  tous les jours, d'autres tous les 3 mois. Les laborantins demandent à la machine de le faire et introduisent le réactif nécessaire pour ce faire.

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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 10:51

Le 24 janvier 2025, cinq étudiantes en médecine de Tours nous faisaient part de leur séjour de 4 semaines passé dans la région de Mananjary avec pour point central l'hôpital Sainte-Anne.

Voici le compte-rendu complet de cette belle soirée qui a su rassembler un public très impliqué dans la construction et le développement de l'hôpital Sainte-Anne.

 

Assistaient à cette réunion, Evelyne et Jacques Péré, les architectes de l'hôpital Sainte-Anne (HSA), trois représentants de Pharmacie Humanitaire internationale (PHI) Anjou, deux représentants du Rotary Club d’Amboise, Christophe Bonnargent, plombier à Montlouis-sur-Loire ayant effectué 2 séjours à HSA et de nombreux bénévoles de l'ATAHSAM dont certains ont séjourné à Mananjary.

 

A l'issue de la présentation, participants et étudiantes ont eu plaisir à échanger lors du pot de l'amitié.

 

 

Merci à Aléa, Clovène, Jeanne, Lou et Lou pour leur temps passé à travailler sur ce témoignage fort passionnant et d'avoir su nous partager leur enthousiasme.

Merci à Monseigneur Alfredo d'avoir assuré l'accueil des étudiantes à l'évêché qui s'est révélé être un merveilleux lieu de rencontres.
Merci au Père Jean-Yves d'avoir permis l'accès aux différents services de l'hôpital Sainte-Anne, devenu la base arrière du groupe.

L'ATAHSAM est heureuse d'avoir pu aider, conseiller et mettre en relation les principaux interlocuteurs locaux avec les étudiantes.

 

Au vu du reportage passionnant que vous découvrirez ci-après, nous formons le vœu que d'autres jeunes auront envie de vivre une telle expérience !

 

Les membres du Conseil d'Administration de l'ATAHSAM

Article paru dans la presse locale

 

Le témoignage des étudiantes

1. Le voyage pour atteindre Mananjary

2. Accueil à l'évêché et à l'hôpital Sainte-Anne

3. Le Centre de Santé de Base de Tsaravary, géré par l’État

4. Le Centre de Santé de Base de Marovahy, géré par des sœurs

5. Les orphelinats de Tsarazaza et de Fanatenane

6. Découverte de Mananjary et de la fête nationale du 26 juin

7. "Roadtrip" pour le retour vers Tana, la capitale

 

1. Le voyage pour atteindre Mananjary

De gauche à droite Lou, Clovène, Aléa, Lou et Jeanne

De gauche à droite Lou, Clovène, Aléa, Lou et Jeanne

Nous sommes 5 étudiantes en Médecine et cet été 2024 nous sommes parties un mois à Madagascar pour aider sur place mais aussi apporter du matériel alors avant de partir, pendant environ un an, nous avons préparé le voyage, récolté des vêtements et affaires scolaires et des dons pour acheter du matériel médical.

 

C'est donc après des mois de préparation que nous nous retrouvons le 6 juin à l'aéroport. Après plus de 24 heures de voyage on arrive… à Madagascar.

Voyage Antananarivo - Mananjary (530 km)
Vol Paris - Antananarivo via Nairobi

 

2. Accueil à l'évêché et à l'hôpital Sainte-Anne

Et après 48h de voyage en van… on arrive à la résidence ECAR de Mananjary. (ECAR : Eglise Catholique Apostolique Romaine désigne la résidence de l'évêque Monseigneur José Alfredo Caires de Nobrega)

C’est ici que nous avons logé pendant tout notre séjour.

Logements de l'ECAR de Mananjary
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Résidence principale de l'ECAR de Mananjary

 

Il y a une partie location aux particuliers qui permet au diocèse de gagner de l’argent et la résidence où logent l’évêque, certains prêtres et les 2 soeurs indiennes qui travaillent à l'hôpital. Il y avait aussi 2 coopérants présents depuis plusieurs mois qui ont pu nous guider pour nous faire découvrir la ville et 3 coopérantes, présentes comme nous pendant 1 mois, qui aidaient à l’orphelinat.

Entrée de l'Hôpital Sainte-Anne

 

L'hôpital Saint Anne gère le transport de tous ses employés, matin et soirs et la restauration des employés et des patients. Parce que pour guérir efficacement il vaut mieux se nourrir correctement ce qui n’est pas à la portée de tous.

C'est là qu'on a passé le plus de temps.

On a eu la chance, pour des étudiantes en médecine, de voir plein de cas différents : des malformations, des conséquences d'accidents des accouchements et des césariennes, des soins quotidiens de pansement et des plaies qu'on ne verrait pas en France parce qu'on ne tarde pas autant à se soigner.

Soins délivrés à l'hôpital Sainte-Anne

Soins délivrés à l'hôpital Sainte-Anne

3. Le Centre de Santé de Base de Tsaravary, géré par l'Etat

A Madagascar, il y a très peu d'hôpitaux publics, par contre il y a beaucoup de Centres de Santé de Base, de niveau 1 (CSB I) ou de niveau 2 (CSB II) qui sont des établissements sanitaires de premier contact avec les malades.

CSB II de Tsaravary

 

Voici le CSB II de Tsaravary. L’état du bâtiment montre la pauvreté des institutions publiques de Madagascar.

C’est assez drôle de voir, à l’inverse, l’entretien de ce "Tsaravary en herbe".

Soins au CSB II de Tsaravary

 

Pour vous donner une idée de l'état de l'intérieur du bâtiment. Cette femme vient d'accoucher d'un bébé qui n'arrive pas à téter, ce bébé a un pied bot

Actions menées au CSB II de Tsaravary

 

 

En bas à gauche - Une association américaine USAID qui réalise une distribution de compléments alimentaires et d'huile pour les enfants et femmes enceintes.

Les autres photos - Un véhicule de l’association FISA qui traverse tout Mada pour informer et soutenir les femmes dans leur contraception et leur suivi de grossesse.

Très bien équipé, il permet même de faire des échographies ce qui est très rare à Mada. 

Pendant l’année préparatoire nous avons demandé à nos contacts sur place leurs besoins en matériel et nous avons apporté ce qui était demandé.

Repas partagé au CSB de Tsaravary

 

A droite, on peut voir le festin qu’ils avaient préparé pour nous remercier de notre présence et de nos dons. En sachant que ces personnes ont très peu de moyens c’était touchant de voir les efforts faits pour nous.

 

 

Campagne de vaccination

 

 

Avec les infirmières et sage-femmes de Tsaravary on a eu la chance de participer à des vaccinations itinérantes.

La première était simplement dans le village attenant du centre à moins de 500m du CSB. En effet, les habitants ne sont pas nécessairement contre mais ils ne font pas l’effort d’aller au CSB pour se faire vacciner.

 

Le lendemain il y a une autre vaccination itinérante mais cette fois ci départ (théorique) à 7h pour traverser la rivière en pirogue puis marcher 5km pour rejoindre le village de Sarina et tout ça pour vacciner 5 enfants.

Campagne de vaccination (suite)

 

Ces vaccinations itinérantes sont faites une fois par mois dans chaque village dont ils s'occupent. C’est la seule manière de donner accès à la vaccination au plus grand nombre car déjà qu’ils n’en voient pas tous l'intérêt alors ils ne vont pas prendre le temps de faire 10km de marche et payer la pirogue juste pour se faire vacciner ! 

4. Le Centre de Santé de Base de Marovahy, géré par des soeurs

En marche vers le CSB de Marovahy

Plus proche de l’hôpital, à 15 min de marche, il y a le CSB II de Marovahy, familièrement appelé "la léproserie". C’est un centre géré par des soeurs pour les personnes qui ont la lèpre ou la tuberculose. Rejetés de leurs familles, ils se réfugient ici pour être soignés. Ils ont même un cordonnier qui utilise du matériel qui leur a été donné et fait au mieux avec ce qu’il a à disposition.

CSB II de Marovahy

 

Ecole primaire de Marovahy

 

Lorsqu’on traverse ce centre on rejoint l’école de Marovahy où on a montré les gestes qui sauvent aux élèves et comme nous avions préparé des affiches nous leur en avons laissé sur place.

5. Les orphelinats de Tsarazaza et de Fanatenane

L'orphelinat de Tsarazaza (littéralement bon enfant) est l’orphelinat où travaillaient les autres coopérantes. Là-bas nous avons passé plusieurs après midi, notamment le weekend, pour jouer avec les enfants mais aussi nous avons fait don de beaucoup de vêtements et formé les nounous aux gestes qui sauvent avec l'aide du directeur pour traduire.

Orphelinat de Tsarazaza

 

L'orphelinat de Fanatenane aussi appelé "l'orphelinat des jumeaux". Fondé par une association de Poitiers.
Pour comparer ce que vous connaissez : Fanatenane est à Tsarazaza ce que l’hôpital Sainte-Anne est à l'hôpital public.

Orphelinat de Fanatename

 

Certains malgaches croient que les jumeaux portent malheur alors, en fonction de ces croyances, ils en abandonnent un ou les deux.

Chaque fois qu’une femme accouche de jumeaux, Fanatenane est prévenu et informe les parents pour tenter de les convaincre que ça ne porte pas malheur. Lorsqu’ils réussissent ils aident financièrement les parents à prendre en charge les 2 enfants et lorsque ce n’est pas le cas ils accueillent les enfants abandonnés et leur donnent accès à la plus belle vie possible.

C'est grand, ils ont leur propre potager, des vaches laitières, des poules.

Ils ont un château d'eau et des panneaux solaires, des classes et une aire de jeux.

Ils accompagnent les enfants jusqu'à leurs 18 ans mais chacun doit participer aux taches ménagères en fonction de ses capacités. L’orphelinat encourage les enfants à faire des études et les financent pour les accompagner jusqu’à ce qu’ils aient un travail.

Formation aux premiers secours et don d'affiches

A Fanatenane, nous avons fait un don de vêtements et de matériel scolaire et une formation aux gestes qui sauvent demandée par le personnel suite à un accident par étouffement qui les a marqués

6. Découverte de Mananjary et de la fête nationale du 26 juin

Découverte de Manajary en 4x4

 

Vous l’aurez compris, nous avons fait des dons de matériel, et des formations de secourisme mais nous avons aussi pu découvrir Mananjary.

Nous faisons tous les déplacements en tictic ou dans ce 4x4.

Marché de Mananjary

 

Ici vous voyez le marché avec la viande attaquée par les mouches

Aussi pendant notre séjour il y a eu la fête nationale, c’est le 26 juin en souvenir de l’indépendance. La soirée précédente c’est la grande fête, tout le monde se retrouve sur la plage.

Veille de la fête nationale

 

Et le lendemain nous avons eu l’honneur d’être invitées à défiler. Comme le 14 juillet chez nous sauf que là ce ne sont pas que les militaires mais quasiment tout le monde. Les écoliers, les salariés, les militaires, les clubs de sports et les associations.

Défilés lors de la fête nationale

 

Pour finir sur Mananjary, le 2e weekend nous sommes allées à Ankatafana (qui de mémoire signifie village de pêcheurs). C’était une aventure parce que la pirogue qui nous a emmenées était percée mais plus de peur que de mal nous sommes arrivées vivantes. Nous avons juste dû pagayer pendant que les 2 hommes de la pirogue écopaient

A peine arrivées sur cette île tous les regards se sont tournés vers nous et plus on avançait dans le village et plus il y avait de monde autour de nous. Finalement on a joué avec les enfants et fait une photo avec tout le monde devant l’église.

Bel accueil des enfants du village de pêcheurs

 

7. "Roadtrip" pour le retour vers Tana, la capitale

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Places visitées durant le roadtrip dans le sud-est malgache

 

Le dernier weekend, nous avons quitté Mananjary pour aller à Ranomafana. C'est une station thermale et un parc naturel. Selon le guide, le seul endroit où on peut voir des lémuriens dorés et on en a bien profité !

Parc national de Ranomafana (ville aux eaux chaudes)

 

Et nous sommes retournées à Mananjary pour une dernière semaine de solidarité

Voila, après avoir passé 4 semaines semaines biens riches à Mananjary nous sommes rentrées en France… mais pas par le chemin le plus court !

Au lieu de faire 2 jours de route comme à l’aller, nous avons pris 10 jours de "roadtrip" à travers Madagascar.

Anja Parc - Marcher sur les gros cailloux comme des lémuriens et jouer à Tarzan avec les lianes

 

Ambalavao - visite d’un atelier de tissage de soie sauvage et élevage de vers à soie et un atelier à papier

 

Isalo - 2 jours de randonnée

 

Fianarantsoa - visite de la vieille ville et rencontre avec Pierrot Men (photographe)

 

Antsirabé - Rencontre de Raymond Arbona (association Scolarité Madagascar)

 

Joies du trafic routier à Tana

 

Prêtes pour voler vers la France, merci Fifi notre chauffeur !

 

Merci de votre attention !

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24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 19:27

Mananjary, le 4 juin 2025

 

Père Jean-Yves Lhomme

Chers amis,

 

Nous sommes déjà au mois de juin ! Ma lettre annuelle ne vous est jamais parvenue aussi tard dans l’année. Ma lettre est également publiée dans la revue mensuelle des Missions Etrangères de Paris. Chaque année, c’est au mois de mars que la revue est consacrée à Madagascar. Changement cette année, c’est au mois de juillet que la revue sera consacrée à l’océan Indien et en particulier à Madagascar. Cela me laissait du temps, pris sous le flot des tâches, je ne voyais pas le temps passer. Plus question de remettre à plus tard. Veuillez m’excusez, chers amis, qui êtes nombreux à attendre cette lettre et pour certains d’entre vous, vous inquiéter de ne pas avoir de nouvelles. Si cela me touche, ce retard me dit combien vous portez intérêt à l’Hôpital Sainte-Anne.

"Nous arrivons à faire vivre l’Hôpital et à équilibrer nos comptes."

Sur ma précédente lettre du mois de février 2024, nous avions 7 mois de fonctionnement pour l’année 2023 puisque l’Hôpital ouvrait officiellement le 4 juillet de cette même année. A ce jour et pour toute l’année 2024, son fonctionnement plus que nous donner un certain nombre d’indicateurs intéressants et nécessaires, il nous confirme dans ce que nous pressentions et savions déjà.

Ambulance arrivant aux urgences

De plus en plus de personnes n’ont aucun moyen de se faire soigner. Vous le savez, si l’Hôpital Sainte-Anne est ouvert à tous sans distinctions aucunes de quelque ordre que ce soit, dans le projet initial, souhait de mon évêque et de moi-même (la raison, d’ailleurs, pour qu’en 2007, j’accepte de m’atteler à une telle tâche dont je pensais qu’elle pourrait dépasser ce que je savais déjà faire), il est d’abord destiné aux plus pauvres.  Je m’étais engagé auprès du ministère de la santé publique de Madagascar lors de ma demande d’ouverture définitive d’appliquer la même tarification que dans les Hôpitaux publics. C’est une tarification très raisonnable pour le niveau de vie qui est le nôtre dans ce pays. Dans tous les pays, sauf exception peut-être et je crois que nous appartenons à cette catégorie, la tarification des hôpitaux et cliniques privés est très supérieure à la tarification du public. Malgré cela beaucoup de gens ne se font pas soigner. Bien sûr, cela montre le niveau de pauvreté d’un très grand nombre. Bien évidemment, je savais que l’Hôpital serait déficitaire. Néanmoins grâce à la générosité de tous, nous arrivons à faire vivre l’Hôpital et à équilibrer nos comptes.

Timothé, volontaire MEP 2024

Une comptabilité en retard de 2 années, enfin à jour grâce à Timothé, volontaire des Missions Etrangères de janvier à décembre 2024. Une tâche fastidieuse, longue pendant plusieurs mois mais dont le résultat est ce que je pouvais espérer de mieux puisqu’ elle est, sûrement, à quelques Ariarys près. Elle nous permet, si vous m’autorisez l’expression « de voir où nous allons ». Je crois qu’il a été heureux de passer une année avec nous comme Rémi, son successeur, l’est depuis le mois de janvier dernier et dont les tâches sont plus diversifiées.

Rémi, volontaire MEP 2025

Ces jeunes totalement donnés à la Mission pour une année sont pour le responsable que je suis et qui n’arrive pas encore à faire les choses dans les temps, des collaborateurs précieux dont l’Hôpital, désormais, aurait difficulté à se passer.

"Les mamans sont le plus souvent des femmes venant de brousse lointaine après un voyage très difficile."

Lire des chiffres est fastidieux ! Permettez-moi, néanmoins, de vous en donner quelques-uns puisque l’année 2024 a été « année pleine », la première ! Bien sûr, ils ne disent pas tout de l’activité de l’Hôpital et, surtout, ne disent pas, avec les moyens que nous avons, tout l’effort des équipes soignantes pour que toute personne, pauvre ou non, qui rentre à l’Hôpital soit prise en charge comme il convient d’autant plus que nous nous souvenons que trop souvent, elle arrive très tard voire trop tard. Une triste anecdote, l‘Hôpital se « vide » à l’approche des fêtes à la demande des malades qui attendent qu’elles soient passées pour venir avec les conséquences qu’il est aisé de supposer. Le 26 juin approche ; c’est la fête nationale dite aussi de l’indépendance. Une fête qui dure des jours et des jours. Les effets commencent déjà à se faire sentir. Que sera-elle ? La dernière récolte de riz a été très moyenne et le manioc pas encore à maturité ! Dans le service de chirurgie, nous avons reçu 365 malades avec 359 interventions chirurgicales dont certaines très lourdes. Notre chirurgien, le docteur Parfait, a réalisé, par ailleurs dans son service, 221 consultations externes.

Dr Parfait, chirurgien et Vanessa, infirmière anesthésiste

Dans le service maternité, nous avons eu la naissance de 94 bébés dont une vingtaine par voie basse dont 2 bébés mort-nés. Les autres bébés sont nés par césarienne. Il a fallu, malheureusement, déplorer 15 bébés mort-nés à l’arrivée à l’Hôpital. Les causes sont multiples : les mamans sont le plus souvent des femmes venant de brousse lointaine après un voyage très difficile, certaines n’ont jamais suivi de consultations prénatales, d’autres avaient une constitution qui ne permettait pas un accouchement par voie basse tentatives d’accouchement dans les villages par des « matrones » (terme employé ici dans le pays) dont la formation est parfois insuffisante et qui envoient à l’hôpital lorsqu’elles s’aperçoivent qu’elles n’arrivent pas à faire l’accouchement. Il faut noter, néanmoins que beaucoup d’enfants naissent encore dans les villages ou dans les centres de santé de base de brousse tenus par des infirmiers(ères) ou sage-femmes (un centre de santé de base est pour plusieurs villages) et que tout se passe généralement plutôt bien.

"Notre région sud-est de Madagascar est une région avec de très nombreux cas de drépanocytose."

Dans le service de médecine, nos 2 médecins ont hospitalisé 682 personnes : 501 adultes et 181 enfants. Ils ont, par ailleurs, faits 1 357 consultations externes. Lorsque le docteur Gérard, l’un de nos 2 médecins, travaillait encore à l’hôpital public de Mananjary, il s’occupait plus particulièrement des drépanocytaires. La drépanocytose est une maladie du sang héréditaire (malformation des globules rouges) qui touchent uniquement les personnes de couleur et qui se manifeste par des douleurs ostéo-articulaires chroniques. Si je puis le dire ainsi, les malades l’ont suivi à l’Hôpital Sainte-Anne. Notre région sud-est de Madagascar est une région avec de très nombreux cas. Si nous avons la possibilité, dans notre laboratoire, de détecter la maladie (test d’Emmel), nous ne pouvons pas savoir si le malade est homozygote (la forme la plus grave avec très souvent la nécessité de transfusions sanguines) ou hétérozygote. Cet examen ne peut se faire, actuellement, que dans la capitale. C’est un fort handicap pour une meilleure prise en charge des malades sans une machine qui nous permettrait d’y remédier. Un projet est en cours avec nos amis rotariens en espérant vivement qu’il aboutira car il rendra service aux malades de toute la région sud-est malgache.

Laboratoire d'analyse

Justement, à propos de notre laboratoire d’analyses, encore quelques chiffres : 3 517 personnes ont fait des analyses : 1 955 hospitalisés – 1 562 en externe (pour les initiés et les personnes qui ont besoin de faire faire des analyses régulièrement, le laboratoire est plutôt complet (biochimie – hématologie – sérologie – immunologie enzymatique – immunologie fluorescence – parasitologie et au mois d’août prochain, nous commencerons la bactériologie).

Radiographie numérique

Nous sommes encore les seuls à Mananjary à pouvoir faire des radiographies d’excellente qualité avec notre appareil numérique. Il semblerait que l’appareil de l’hôpital public n’est pas encore fonctionnel. Nous avons donc reçu, l’année écoulée 384 patients hospitalisés et 688 en externe.

"L’Hôpital Sainte-Anne s’engage dans une nouvelle aventure."

 

Nous venons de faire, ensemble, un rapide tour de l’Hôpital ! Il y aussi le reste ! Le site fait toujours près de 10 ha… La construction du pôle mère/enfant enfin commencé depuis quelques mois progresse. Le gros œuvre du premier bâtiment, le plus grand de 2, arrive aux pignons. Les fondations du second en béton armé sont coulées. Encore une année de travaux probablement !                

Sur la côte, sous un climat tropical, le potager que nous connaissons dans nos pays tempérés comme la France, se fait pendant l’hiver austral. Tout pousse ! Sauf les pommes de terre qui ne font que des feuilles, dit-on ! A voir ! Les légumes que nous utilisons pour la cuisine de l’Hôpital viennent des Hauts Plateaux. Ils sont assez chers. Il semblerait que des produits phytosanitaires soient maintenant utilisés.

Donné pulvérise un insecticide bio dans le potager

Les produits utilisés ? D’où viennent-ils ? Que sont-ils ? Seraient-ils autorisés ou non dans nos pays européens ? D’où une motivation plus grande pour terminer notre potager sans tarder. Aucun produit phytosanitaire n’est utilisé sur le site de l’Hôpital. Ce jardin potager avec ses futures 3 terrasses mesurera 1 500 m². Nous avons commencé ce travail titanesque avec une quantité phénoménale de terre à déblayer. Une terrasse est terminée et les premiers légumes poussent !

Premières courges du potager

L’Hôpital Sainte-Anne s’engage dans une nouvelle aventure qui s’avère nécessaire. Nous nous souvenons que la nourriture de base est le riz. Nous avons suffisamment de rizières pour produire nos 10 tonnes de riz blanc dont nous avons besoin annuellement. Malheureusement certaines parcelles ne sont pas suffisamment fertiles et nous n’avons obtenu que 7 tonnes en 2024.

Premiers melons

Il nous faut augmenter le rendement en fumant les rizières d’où l’idée d’une étable avec 2 vaches laitières et un taureau. Le projet a abouti et fonctionne magnifiquement bien ! Nous avons donc à la fois le fumier nécessaire à nos rizières et le lait frais pour nos malades qu’ils préfèrent sous forme de yaourts car peu habitués à boire du lait qui reste un produit trop cher pour la plupart des gens.   Si vous me permettez encore une fois l’expression, c’est « un plus » franchement pas négligeable lorsque nous voyons l’état de dénutrition d’un grand nombre de malades aussi bien adultes qu’enfants.
  

"Vous nous encouragez à poursuivre inlassablement."

Une lettre annuelle pour dire la vie d’un hôpital au quotidien dont l’attention aux pauvres est essentielle, c’est bien court d’autant plus qu’il nous faut résoudre au quotidien de nombreuses difficultés. Elle nous est l’occasion de vous redire combien nous sommes touchés, alors que nous sommes si loin, de tout l’intérêt que vous nous portez de tant de manières et qu’il n’y a pas de mot pour vous redire nos chaleureux remerciements. Nous vous sommes redevables. Soutenus de la sorte, vous nous encouragez à poursuivre inlassablement. Nous commençons à travailler aussi sur le projet de pérennisation de cet hôpital. Nous vous en parlerons dans notre prochaine lettre annuelle.

Oiseau de paradis

Nous sommes à quelques jours de la fête de la Pentecôte, temps fort pour les chrétiens ! Je vous souhaite une très belle fête à l’approche de l’été ! Quelles que soient nos convictions, je fais miennes, avec vous, ces quelques mots d’une superbe séquence que nous lirons en ce jour : Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles, de nous tous.

P. Jean-Yves

PJ : Je vous joins également l'excellent article qui paraîtra également dans notre revue de Rémi, notre coopérant (volontaire MEP), qui est arrivé au mois de janvier et qui sera avec nous jusqu'en janvier 2026.

ainsi que l'article de notre ami Jean-Marie Gautherot, de Strasbourg, rédacteur de la revue "La Maîtrise" de Besançon des anciens élèves et professeurs.

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22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 20:07

Message reçu du Père Jean-Yves le 11 février 2025

Chers amis,
Puisque ma lettre annuelle tarde un peu..., pour notre ami Jean-Marie Gautherot de Strasbourg et sa magnifique revue de La Maîtrise de Besançon, j'ai  été amené à lui préparer quelques photos et commentaires. Je pense que ça peut être utile à nos associations puisqu'il s'agit de quelques dernières nouvelles...
Bien amicalement.
Jean-Yves

Point sur les travaux de construction

Le pôle mère-enfant (ou maternité)

 

La plate forme prévue pour la construction du pôle mère-enfant. Ce tas de bois de sont les arbres abattus lors du cyclone intense Batsiraï du 5 février 2022.

 

On profite de la sécheresse des mois de novembre et décembre 2024 pour commencer l'implantation du pôle mère-enfant. Cette dernière construction de l'hôpital Sainte-Anne aurait dû commencer, il y a plus d'une année; ça n'a pas été possible à cause d'une forte et anormale pluviométrie pendant plusieurs mois. Impossible de creuser les fondations.

 

La pluviométrie annuelle dans notre région est habituellement d'environ 1500 mm. Pendant les 6 premiers mois de cette même année, elle a été de 2340 mm. C'est exceptionnel et dit bien que les changements climatiques touchent également Madagascar.

Peu de pluie au cours du second semestre et plus du tout en décembre 2024 et les deux premiers mois de 2025 alors que nous devrions être en pleine saison des pluies. 

 

On a pu enfin creuser et couler les fondations en béton armé.

 

Les fondations sont terminées, on va pouvoir commencer les élévations.

 

Si le temps le permet, il faudra une année pour mener à bien le gros œuvre.

Le potager en terrasses

 

De l'autre côté de l'étang poissonneux, il reste sur le site de l'hôpital, une partie de colline qui nous appartient. Depuis l'origine du projet de l'hôpital, il était prévu de faire un jardin potager. Nous avons commencé il y a un peu plus d'une année et c'est loin d'être terminé. C'est un travail titanesque qui, bien sûr, se fait à la main... 

 

Une vue d'ensemble de ce que sera le jardin potager avec le projet de 3 terrasses avec chacune, un mur de soutènement.

La première terrasse est terminée et ceinturée.

 

Il faut maintenant enlever l'humus sur environ 30 cm pour ensuite le remettre sur la  terrasse terminée...

 

...avant de dégager la terre rouge non fertile...

 

...qui est sûrement le plus gros du travail qui va encore prendre plusieurs mois.

 

Une fois terminé, le jardin potager aura une très grande surface.

 

On aperçoit la couche de terre noire que l'on retire et au-dessous la terre rouge très dure sans valeur.

 

Sur la première terrasse terminée, la "bonne terre" a été remise.

Sur la côte, climat tropical, le jardin avec les légumes que nous connaissons dans nos pays tempérés comme la France, se fait pendant l'hiver austral.  Tout pousse, sauf les pommes de terre (qui ne feraient que des feuilles, dit-on). Bien sûr nous vérifierons!

Les légumes que nous utilisons pour la cuisine de l'hôpital viennent des Hauts Plateaux. Ils sont assez chers. Il semblerait que des produits soient maintenant utilisés. C'est nouveau depuis quelques années. Les produits utilisés ? D'où viennent-ils ? Que sont -ils ? Autorisés ou non comme dans nos pays européens ? D'où une motivation encore plus grande pour terminer ce potager sans tarder car il ne rentre sur les 10 ha de l'Hôpital Sainte-Anne aucun produit phytosanitaire. 

 

Ce jardin potager avec ses futures 3 terrasses sera immense. Il sera long et fastidieux d'utiliser des arrosoirs. Qu'à cela ne tienne! Le projet existant depuis l'origine, nous avons, il y a quelques années construit un puits où l'on peut voir un fil électrique pour une pompe électrique immergée et un système économique d'arrosage automatique que nous ferons venir de France selon nos moyens financiers.

Construction d'une étable pour accueillir prochainement vaches, taureau et veaux

 

L'Hôpital Sainte-Anne s'engage dans une nouvelle aventure qui, après mûre réflexion, s'avère nécessaire. On se rappelle que la nourriture de base à Madagascar est le riz que l'on consomme, lorsqu'il y en a, de grosse quantité dont le prix ne cesse d'augmenter.

Depuis le début du fonctionnement de l'Hôpital, il s'avère que nous avons besoin, chaque année de 10 tonnes de riz blanc (décortiqué). L'Hôpital comme vous le savez, a environ 3 ha de rizières que nous cultivons. Pour l'année 2024, nous avons récolté 9 686 kg de riz (non décortiqué) ce qui donne 7 089 kg de riz blanc. De fait, les calculs furent bons puisqu'il nous fallut acheter 3 tonnes complémentaires. Nos rizières peuvent produire ces 10 tonnes nécessaires mais certaines parcelles sont moins fertiles que d'autres d'où l'idée d'y mettre du fumier. On en trouve un peu aux alentours de l'hôpital mais cela a un coût. D'où, tout simplement, d'avoir ses propres vaches...et l'implantation sur le site d'une étable.

 

Hésitant à m'engager dans ce nouveau projet, ce sont des employés qui sont avec moi depuis le début du projet de la construction de l'Hôpital qui m'ont convaincu du bénéfice d'une telle et nouvelle entreprise. Pour cela, il fallait une étable que nous avons commencé dès la décision prise pour accueillir 2 vaches laitières et un taureau de race pie rouge de Norvège achetés à Antsirabe, plus résistants sur la côte (c'est en cours) sur les Hautes Terres, région d'élevage.  Les zébus, emblème du pays, très nombreux à travers le pays, ne donnent que très peu de lait.

 

Il y a, également, un autre avantage et non pas des moindres. Un grand nombre de malades que nous recevons aussi bien en chirurgie qu'en médecine, au-delà du fait qu'ils arrivent souvent bien tard, voire trop tard, sont dénutris. Les malgaches ne boivent que peu de lait. C'est trop cher ! Par contre, ils apprécient et mangent beaucoup de yaourts qui sont relativement chers aussi. Nos amis d'ATM -Aide aux Missions dans le Nord de la France nous soutiennent par l'envoi de lait en poudre. Les contraintes au niveau des douanes, pour le lait en poudre, sont lourdes (présence d'un vétérinaire à l'ouverture du container ici à l'Hôpital, envoi dans un laboratoire de l'état dans la capitale d'échantillon de lait reçu).

 

Hésitant à un moment, me voici désormais très motivé pour mener à bien ce projet pour nos chers malades les plus pauvres même si tout le monde bénéficiera de lait frais.

Comme on peut le voir sur cette photo, l'étable est terminée en espérant qu'elle résistera aux cyclones. Il reste à construire un petit ouvrage à 3 murs pour le stockage du fumier et un petit hangar pour stocker la paille de riz pour la litière des vaches.

 

Les stalles sont prêtes. Reste à monter les abreuvoirs automatiques et les auges venant de France (un don de nos amis du Nord).

 

Les stalles des veaux et au fond, plus la stalle du taureau.

Des nouvelles de l'hôpital en fonctionnement
(NDLR : visite déconseillée aux personnes sensibles)

Si des travaux se poursuivent, l'Hôpital aussi bien en chirurgie, maternité, pédiatrie, médecine continue à fonctionner de manière exponentielle. Si, à certaines périodes (l'approche des fêtes), c'est plus calme, à d'autres, j'ai la crainte de ne plus avoir assez de place. Nous accueillons toujours les cas les plus graves comme sur cette photo. Cette pauvre femme, Odile,  aune fistule et c'est par celle-ci, qu'elle fait ses besoins.

Tuberculeuse de surcroît et pratiquement seule dans la vie, c'est l'Hôpital qui l'a prise en charge. Après une première intervention chirurgicale qui a réussie, le chirurgien a décidé de rouvrir de nouveau car la tuberculose a fait des ravages. Bien sûr, il fallut faire plusieurs transfusions. 

Le chirurgien l'a également opéré des jambes qu'elle avait repliées. Un cas qui fait vraiment peine. Et pourtant, à la visite du médecin ou du directeur, elle nous offre son beau sourire malgré la souffrance. 

 

 

 

Une tumeur (fibrome). Notre chirurgien en opère fréquemment. Des cas que l'on ne verrait plus en France.

 

 

Un enfant qui nous est arrivé de brousse. Même chose ! Des pauvres gens sans rien. Il est là depuis 2 mois. Si, sur la photo, c'est impressionnant, ça va déjà nettement mieux. Sa jambe a déjà retrouvé beaucoup de matière.

Erica est son nom. Il sera là encore plusieurs mois sûrement.Par contre, le pansement quotidien est un moment difficile.

 

 

Une césarienne est en cours. Il y en a beaucoup à Madagascar chez les femmes qui sont petites au bassin trop étroit. 

 

Ici la maman n'est pas arrivée trop tard et l'enfant est vivant, ce qui n'est pas toujours le cas lorsque les femmes sont amenées  de brousse parfois lointaine dans des conditions de transports difficiles.

 

Un autre cas difficile venant d'une brousse lointaine. Cet enfant, en fait 2 frères, ont été opérés d'une grosse rate qui mettaient leur vie en danger. Ce type de cas est très fréquent; moins chez les enfants de cet âge (10 et 12 ans). L'origine: paludisme chronique, bilharziose. 

Ils sont bien repartis en bonne santé chez eux après avoir passé un certain temps chez nous. Avec néanmoins le gros problème que ce type de cas qui nous arrive très tard ou trop tard fait que souvent le foie est lésé et limite la durée de vie.

 

 

 

Cette grosse rate est impressionnante chez ce jeune enfant.

 

 

Même chose ici, des atteintes osseuses qui ont "traînées". Intervention chirurgicale et plâtre.  Encore un patient qui est reparti chez lui après une longue période à l'Hôpital. Notre chirurgien a utilisé ici les "moyens du bord" avec des bois pour confectionner exactement ce qu'il souhaitait pour une fixation parfaitement fixe.

 

 

 

Pauvre petit accidenté de la route. Il se trouvait avec sa maman dans un camion qui a basculé. Long séjour avec nous qui s'est bien terminé.

 

Un autre cas grave! Sylviane est son nom. Elle a été trouvée dans un village non loin de l'hôpital par un touriste qui nous l'a amenée. Son bras, ici, est quasiment guéri.  Une histoire malheureuse. Sylviane fait des crises d'épilepsie. Son mari était absent du village. Sylviane a fait une crise et est tombée dans le feu. Lorsqu'on l'a amené, son bras n'avait pratiquement plus de substance avec des os à vif qui ont été atteints. Bien sûr, ici, impossible de faire des greffes de peau. Soins quotidiens et temps ont permis que Sylviane reparte avec néanmoins ce handicap de la rigueur de son bras. Les radiographies montraient bien les ravages du feu sur les os. Gentille malade, elle aussi souriante et courageuse !

 

 

Un kyste ovarien ... de 13 kg chez une dame d'un certain âge venant de brousse et qui le "portait" depuis 5 ans. Cette dame est repartie... heureuse et soulagée. Les 2 images... que l'on a pas faites, avant et après, étaient impressionnantes.

 

 

 

Un petit enfant sévèrement brûlé de brousse également.

 

 

 

Avec un long séjour chez nous et des pansements. Il souffre et pleure. Ce sont des moments parfois très durs même pour les soignants. Il repartira, bien sûr, guéri.

 

 

 

Des malades alités qui ne peuvent pas encore profiter de la varangue et des bancs à l'extérieur.

Comme d'autres...Sur la côte à Madagascar, il fait chaud. Alors dès qu'on peut sortir...

Fin du reportage.

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21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 22:51

Début octobre, le professeur Francis Chaise, commandeur de l'Ordre de Malte, vient de visiter l'hôpital Sainte-Anne accompagné du père Jean-Yves Lhomme, constructeur et directeur de l'hôpital.

Dans la vidéo ci-jointe, il donne ses impressions au docteur Pascal Petitmengin, président de l'Association Lorraine d’Entraide pour l’Hôpital Sainte-Anne à Madagascar (ALEHSAM), présent à Mananjary.

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12 février 2024 1 12 /02 /février /2024 15:54
P. Jean-Yves, octobre 2023

 

 

 

 

 

 

 

Mananjary, le 04 février 2024

Chers amis,

L’année 2023 aura été plus calme que 2022

Nous voici donc entrés de plein pied dans l’année 2024 ! Par cette lettre annuelle que j’ai plaisir à vous adresser, je m’aperçois que je suis un peu plus en retard que les années précédentes. Ce n’est pas faute de vouloir le faire plus tôt mais les contingences, ces évènements imprévisibles, m’obligent à gérer l’urgence des urgences dans un choix qui n’est pas toujours simple à faire. L’année 2023 aura été plus calme que 2022, année des 2 cyclones destructeurs, Batsiraï, de triste mémoire et Emnati, 15 jours après, puisque nous n’avons que le cyclone Freddy, pourtant qualifié par les services « météo » de La Réunion, d’extrême par sa puissance, sa longévité, ses nombreux impacts et le nombre de morts (200) à Madagascar et surtout au Mozambique. Freddy qui est passé à Mananjary et sur l’Hôpital Sainte-Anne, son centre était un peu plus au nord, aura néanmoins apporté beaucoup de vent fort, bien sûr, et d’abondantes pluies. Pas de dégâts significatifs qui auraient pu mettre à mal le bon fonctionnement de l’Hôpital. C’est heureux car c’est quasiment à la fin de cette année passée que nous avons pu remettre en état l’hôpital qui avait souffert de dégâts dans l’ensemble des pavillons : la chute d’un grand nombre de plafonds, les blocs opératoires touchés, sans compter d’autres impacts sur l’ensemble du site de 10 ha. Avec le climat tropical de notre région du globe, nous avons, chaque année, la saison dite cyclonique qui débute du 1er novembre au 31 mai de l’année suivante et à laquelle nous sommes habitués. Si nous le savons et nous y préparons autant que faire se peut, les prévisions des services météorologiques nous font désormais craindre le pire à chaque annonce car Madagascar n’échappe pas au changement climatique.

HSA vu de la RN 25, au lever du jour.

HSA vu de la RN 25, au lever du jour.

Ces 4 dernières années auront été difficiles. Après le covid et ses contraintes, les cyclones dévastateurs, il nous a fallu rester efficaces et sereins pour accueillir l’hôpital public détruit par le cyclone Batsiraï du 9 février 2022 au 14 février 2023. L’hôpital était quasiment terminé et opérationnel. Il fallut faire vite et embaucher une partie du personnel de l’Hôpital Sainte-Anne pour permettre aux équipes médico-chirurgicales de la fonction publique de travailler dans les meilleures conditions. Cela nous est revenu cher et à notre charge. Dans l’adversité, je crois que nous avons su offrir le meilleur que nous pouvions. En une année, plus de 500 interventions chirurgicales ont été faites dont une moitié de césariennes.

Dr Rynah et son équipe intervenant à HSA

Notre ami, le Dr Rynah, médecin chef de l’hôpital public et chirurgien qui a été très présent, jour et nuit, à Sainte-Anne nous a adressé, à Mgr Alfredo, évêque de Mananjary et moi-même, une lettre de remerciements dans laquelle il mentionnait toutes les bonnes conditions qu’il avait eu pour exercer son art et soulager une population dont une grande partie était démunie. Ce ne fut d’ailleurs possible que grâce à votre aide. J’ai « glissé » cette lettre chaleureuse et sympathique dans le dossier de demande d’ouverture définitive, procédure longue et complexe, au regard des nombreuses pièces et justificatifs à fournir : un épais dossier de plus de 3 kg. Sans doute, cela nous a-t-il aidé lors du passage de notre dossier en commission ! Plusieurs services du ministère de la santé sont venus (à nos frais) sur place pour l’agrément du laboratoire d’analyses et la radiologie et attendre ensuite la commission ad hoc qui ne se réunit que plusieurs fois par an pour statuer sur chaque dossier de demande. Tous les 2 ans, l’hôpital doit également faire appel à l’Institut National des Sciences et Technologies Nucléaires pour une vérification de l’appareil de radiologie et conserver son agrément. Un déplacement à nos frais de 3 millions d’ariary (un peu plus de 600 euros ; c’est une grosse somme ici) qui doit être fait ces prochains jours.

2023 ! Une importante année ! Le temps cyclonique se terminait en mai et c’est ainsi que, plus paisiblement, nous avons pu nous acheminer vers l’inauguration officielle. Entre temps, nous apprenions que le ministère de la santé de Madagascar nous accordait l’ouverture définitive. L’arrêté ministériel nous parvenait la veille de l’inauguration le 23 mai par le Nonce Apostolique (ambassadeur du Vatican) en poste à Madagascar.

23 mai 3023, inauguration de l'hôpital Sainte-Anne

Une cérémonie simple et émouvante en présence des autorités locales et provinciales représentant tous les corps de l’Etat, sanitaires, civils et militaires. On peut suivre, encore aujourd’hui, cette cérémonie sur nos sites de l’Hôpital avec la traduction française du discours du directeur de l’Hôpital et celui du Nonce Apostolique, directement en français, qui m’a surpris par sa connaissance du projet, sa philosophie, sa spiritualité alors qu’il n’était en poste dans le pays que depuis quelques mois. La cérémonie fut retransmise en direct sur l’ensemble du pays par une chaîne de télévision privée appartenant, je crois, au vice-président du Sénat de Madagascar et une annonce avec quelques images à la télévision nationale. De fait, le cyclone Batsiraï avait fait connaître l’Hôpital Sainte-Anne qui avait fait « ses preuves » avec l’accueil de l’hôpital public. Une partie du personnel non médical et paramédical, sauf pour la radiologie et le laboratoire, avait déjà été recrutée pour répondre aux besoins de l’hôpital public chez nous. Rapidement, il a fallu appeler le personnel médical et paramédical déjà pressenti et ouvrir sans tarder. Le 1er juin, l’ensemble du personnel prenait ses fonctions. Pendant un mois, nous avons procédé à la mise en place des services pour ouvrir le 4 juillet.

L’Hôpital fonctionne depuis plus de 6 mois maintenant. Après ce temps, je pense pouvoir dire que la philosophie et la spiritualité de l’Hôpital Sainte-Anne sont respectées avec l’accueil de tous et des plus pauvres qui n’ont rien. Ce n’est pas simple car dans l’arrêté ministériel, il est bien spécifié que toutes les prestations délivrées sont et doivent être payantes. Comment fait-on alors ? C’est vous, chers amis, par votre aide qui nous permettez à la fois de respecter l’arrêté ministériel et d’accueillir ceux qui n’ont rien. Soyez-en vivement remerciés ! 

Dr Parfait et P. Jean-Yves visitent les malades

Votre mobilisation généreuse permet à nos médecins, ils sont 3, 2 en médecine et 1chirurgien, et à leurs équipes de faire des choses surprenantes aussi bien en médecine qu’en chirurgie car nous sommes dans un pays où on vient se faire soigner qu’en dernier recours et trop souvent, bien trop tard, malheureusement. Comme par exemple, cette femme venant d’une brousse lointaine qui souffrait depuis 5 ans d’un kyste ovarien… de 13 kg. Elle n’avait pas les moyens financiers de se faire soigner.

L'ambulance d'HSA devant l'entrée des urgences

Nous recevons beaucoup de cas que nous ne voyons plus dans les pays du nord. Quelques chiffres depuis l’ouverture ! 192 interventions au bloc opératoire dont 61 césariennes. 156 hospitalisations en chirurgie et 95 consultations externes. 101 hospitalisations en maternité et 75 consultations externes. 156 hospitalisations en chirurgie et 95 consultations externes. En service de médecine : 392 hospitalisations et 1 191 consultations externes. Nous constatons une progression exponentielle.

A Madagascar, les hôpitaux publics doivent être autonomes avec, donc, des moyens réduits voire très réduits. En revanche, les salaires sont versés par l’Etat. En ce qui nous concerne, c’est l‘Hôpital Sainte-Anne qui les verse. Ils sont plus élevés que dans la fonction publique ou même le privé pour éviter toute tentation auprès des malades. C’est un choix que j’avais fait dès la conception du projet.  Cette masse salariale pour plus de 30 personnes nous revient très cher. Pour une question de justice, à l’inverse du secteur privé en général, la tarification de l’hôpital Sainte-Anne est la même que celle de l’hôpital public. Cet autre choix fait que les fonds qui rentrent ne sont pas suffisants pour rendre l’hôpital Sainte-Anne autonome. Peut-être, nous souvenons nous que j’avais accepté de mener à bien ce projet si l’hôpital était le lieu où les plus pauvres y avaient accès sans difficulté !

En haut à droite le premier mur en construction du futur potager

Constructeur, je le reste car il reste à construire, cette année, le pôle mère-enfant, le jardin potager en terrasse (nous y travaillons actuellement) pour faire nos propres légumes (de + en + chers) pendant l’hiver austral (avril à septembre).Alors, constructeur ? Directeur ? De fait, les deux ! Avec la nouvelle fonction d’agent social où il me faut rencontrer les personnes afin de savoir si elles sont vraiment indigentes, qu’elles n’ont vraiment personne pour prendre une part active dans les travaux divers sur le site de l’hôpital, dans les rizières, (l’hôpital a besoin de près 8 tonnes de riz blanc chaque année) ou seules, être prises totalement en charge et gratuitement. Encore un aspect qui n'est pas des plus simples. Néanmoins un travail passionnant de rencontre des personnes dont les réalités de vie dépassent parfois l’entendement. Après 38 années passées ici et confronté à des pauvretés de toutes sortes au cours de ma vie missionnaire, j’en touche d’autres par l’hôpital. Un encouragement à poursuivre inlassablement. C’est peut-être un peu surprenant de le dire ou l’écrire aujourd’hui, mais j’aime ce que je suis et ce que je fais, l’être et le faire intimement liés au service de l’autre qui souffre. La plupart d’entre vous se souviennent sûrement que le projet de l’Hôpital Sainte-Anne a commencé en 2007 et qu’il a fallu ces nombreuses années pour aboutir, non sans difficultés parfois, à ce dont nous sommes les témoins aujourd’hui. Ensemble, nous nous en réjouissons ! Je connais tout ce qu’il me reste à faire car si l’Hôpital Sainte-Anne fonctionne désormais, il faudra encore du temps pour à la fois terminer ce qui ne l’est pas encore.

Timothé, volontaire des MEP

C’est le constructeur qui parle, pour que le cahier des charges initial soit honoré et pour le directeur, que l’ensemble du personnel devienne une véritable famille heureuse de venir travailler. Le travail de soignant est une véritable vocation et celle de l’Hôpital Sainte-Anne est d’être au plus près des pauvres. Un nouveau défi ! Qu’est-ce qui est le plus facile ? Construire un hôpital malgré les difficultés rencontrées ou le faire fonctionner selon les objectifs que nous nous sommes fixés ? Je ne saurai répondre maintenant mais c’est, permettez-moi l’expression, ce à quoi je vais m’atteler désormais. Avant de terminer, une bonne nouvelle qui est l’arrivée de Timothé (sic), jeune volontaire des Missions Etrangères qui sera là une année pour m’aider dans ma tâche qui devenait de plus en plus lourde, trop lourde. Je ne me souviens plus de l’année où j’ai pu prendre quelques vraies vacances en France ! Cette année ! Peut-être !

Pour cette année 2024, je ne sais pas encore si des amis de l’Hôpital Sainte-Anne viendront nous donner un coup de main comme ce fut le cas en 2023 où nos amis de PHI Anjou et Isère (Pharmacie Humanitaire Internationale), venus à 2 reprises. Sont venus également, les amis de l’Alehsam de Lorraine avec un membre du Rotary Club La Fayette de Metz, médecin radiologue, de l’Atahsam de Touraine (un groupe d’étudiants en médecine viendra au mois de juillet) et ont effectué un travail considérable dans les différents services de l’hôpital avec notre personnel pour des formations, des mises en place de protocoles etc... Des moments sympathiques et forts qui me font redire : « Venez et vous verrez ! »

L’année est déjà bien commencée ! Qu’à cela ne tienne ! Il n’est jamais trop tard pour se dire et se souhaiter le meilleur. Alors oui, que cette année 2024 se poursuive belle et heureuse avec une santé telle que vous pouvez la souhaiter. Et pour reprendre cette parole biblique qui devient une tradition dans ma lettre annuelle :

Christ sur le site HSA offert par le cardinal Barbarin

 

Que le Seigneur te bénisse et te garde !

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage,

qu’il te prenne en grâce !

Que le Seigneur tourne vers toi son visage,

qu’il t’apporte la paix.

P. Jean-Yves   

Si vous avez l'occasion d'accéder par Internet à l'un de nos sites, il vous sera facile de voir le bon emploi de votre aide. Il y a l'association tourangelle, l'Atahsam : atahsam.over-blog.com, l'Alehsam de Lorraine : www.alehsam.com. Ces sites vous invitent d'ailleurs à vous abonner à la newsletter. À l'intention des amis qui souhaitent toujours nous aider, votre envoi se fait à : Procure Centrale des Missions Étrangères de Paris - 128, rue du Bac - 75341 Paris CEDEX 07 à l'ordre de : Séminaire des Missions Étrangères avec un petit mot " Hôpital Sainte-Anne de Mananjary - P. J-Y Lhomme". Vous recevrez de la rue du Bac l’accusé de réception de votre don puis un reçu fiscal en fin d’année. De mon côté, je vous adresserai par voie postale une carte de remerciements pour vous dire combien le fruit de votre générosité nous a été précieux et sans lequel rien n'aurait été possible.

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23 décembre 2023 6 23 /12 /décembre /2023 17:38

"Venez, vous verrez !"

aime à répéter le père Jean-Yves aux bénévoles impliqués dans la construction et maintenant dans le fonctionnement de l'hôpital Sainte-Anne

 

Durant l'année 2023 huit adhérents de l'ATAHSAM ont répondu à cet appel et se sont rendus à Mananjary pour donner un peu de leur temps sur le site de l'hôpital Sainte-Anne.

 

Tout d'abord, en mai, Christophe Bonnargent, plombier à Montlouis-sur-Loire, est allé pour la seconde fois à HSA. Cette fois pour y installer un système de filtration d'eau.

 

En juillet, Marie-Agnès et Eric Tavernier avec Michèle et Alain Ladet ont passé 15 jours à réaliser des tâches variées en fonction des compétences de chacun.

 

Enfin, en octobre, Geneviève et Jacques Ardon accompagnés de Manée Padellec ont passés 3 semaines à faire du tri et du rangement du matériel médical qui avait été envoyé par voie maritime les années précédentes.

 

Ces actions de rangement ont été réalisés en collaboration avec un petit groupe de l'association de Lorraine (ALEHSAM) qui se trouvaient à HSA au mois d'octobre :

Le docteur Pascal Petitmengin, Marie-Renée, son épouse, en sont à leur 17ème visite. Ils étaient accompagnés du père Gérard Cappennelli et du docteur Dominique Toussaint venu installer un échographe et former les médecins à son utilisation.

Assemblée d'un peu plus de 60 personnes le 20 décembre 2023

Assemblée d'un peu plus de 60 personnes le 20 décembre 2023

Pour cette soirée, nous avions beaucoup de choses à partager sur notre voyage à Madagascar. Nous avons dû nous restreindre à décrire notre expérience vécue à l'hôpital.

Cela correspondait bien à l'attente des bénévoles de l'ATAHSAM qui souhaitaient, avant tout, découvrir le fonctionnement de Sainte-Anne.

Première partie, la situation géographique de l'hôpital et son organisation

Il nous a semblé nécessaire de rappeler la situation de l'hôpital Sainte-Anne dans Madagascar et dans le district de Mananjary ainsi que les principaux acteurs qui ont œuvré et qui œuvrent encore à la construction.

Ensuite nous présentons le personnel qui fait fonctionner au jour le jour l'hôpital.

Alain, Ingénieur application en biologie, a passé du temps avec les deux préparatrices de laboratoire Rojo et Nirina. Il nous fait part de ses observations et de ses commentaires dans le document suivant.

Michèle et Marie-Agnès ont eu l’opportunité d'assister dans le bloc opératoir à une naissance par césarienne. Voici une petite vidéo et quelques photos.

Cette césarienne  a été effectuée par le Dr Rynah de l'hôpital public car le Dr Parfait, chirurgien de Sainte-Anne était en congé.

Voici une vidéo d'une quinzaine de minutes réalisée en octobre. On commence par l'arrivée du personnel qui vient de Mananjary dans une navette de l'hôpital pour terminer au service de repas du soir.

Seconde partie, des sujets techniques à résoudre et les travaux sur les 10 hectares du site HSA

Eric, mécanicien en aéronautique, a essayé de remettre en marche un des trois groupes électrogènes de l'hôpital. A ce jour le groupe est toujours en panne mais le diagnostic technique cerne maintenant l'élément défectueux. A suivre !

De son côté Christophe Bonnargent nous a présenté le système de filtration de l'eau qu'il a installé en mai 2023.

L'eau, pompée dans une nappe à 40 m sous terre, est stockée dans les citernes du château d'eau à 12 m de hauteur. Cette eau distribuée sur tout le site de l'hôpital par 4 départs avec une pression de 1,2 bars. Chaque départ dispose maintenant d'un système de filtration (UV et microfiltre) afin de délivrer une eau saine.

Alors que les bâtiments essentiels pour l'hôpital sont entrés en fonctionnement, les constructions ne sont pas terminées pour autant.

En ce moment, les ouvriers spécialisés (maçons, charpentiers) construisent une maison semi-dure (parpaing et bois) pour Donné qui habite toujours Nosy Varika et les murs de soutènement du futur potager. A noter qu'à ce jour il y a environ 800 mètres linéaires de murs pour tenir les terrains. Avec le potager le kilomètre sera dépassé !

Après ces travaux il est prévu de lancer la construction d'un pôle mère-enfant, une maternité et des services annexes.

Notons aussi les travaux agricoles avec les 3 hectares de rizières à exploiter pour pouvoir nourrir malades, accompagnants et personnel.

Il est important de rendre hommage au chef maçon Jean-Noël qui a dirigé toute la construction de l'hôpital avec un grand dévouement et une grande compétence. Aujourd'hui il gère tous les ouvriers qui interviennent sur le site de Sainte-Anne. C'est une aide précieuse pour le Père Jean-Yves.

Pour cette belle réalisation, il faut associer, Evelyne et Jacques Péré, les architectes qui n'ont malheureusement pas pu être des nôtres à cette soirée.

 

La vidéo suivante d'une douzaine de minutes nous illustre tout cela :

A l'issue des présentations nous avons partagé un pot d'amitié fort sympathique. Les conversations se sont poursuivies dans la soirée. Certains sont repartis en emportant des saveurs ou des souvenirs malgaches : vanille, poivre, artisanat...

Nous tenons à remercier le Père Jean-Yves qui aime accueillir les "vazahas"(*) dans sa grande maison bien confortable. En guise de conclusion, nous lui laissons nous redire :

                                       "Venez, vous verrez !"

 

(*) vazaha : terme malgache pour désigner les personnes blanches

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Présentation

  • : Association Tourangelle d'Aide à l'Hôpital Ste-Anne à Madagascar
  • : Objectifs principaux de ce blog : - Présenter le chantier de construction de l'hôpital Ste Anne à Mananjary et son évolution. - Faire part des activités, passées et futures de l'association tourangelle pour récupérer des fonds qui seront envoyés à Mananjary. - En lien avec les autres associations (ALEHSAM, AREHSAM), créer une chaine d'amitié et de solidarité pour supporter ce beau projet.
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