En janvier 2026, le docteur Pascal Petitmengin et Marie-Renée, son épouse, ont passé 4 semaines à Mananjary sur le site de l'hôpital Sainte-Anne.
Ils ont posté des reportages disponibles sur le site de l'association de Lorraine, l'ALEHSAM (lien : https://www.alehsam.com/).
Nous proposons ici un résumé des faits marquants de leur séjour (les propos de Marie-Renée sont repris en italique).
1.1 Splénectomie totale (ablation chirurgicale de la rate complète)
"Samedi matin (17 janvier) j’ai assisté à une splénectomie sur une femme de 60 ans.
Celle-ci est venue consulter pour des douleurs abdominales. Une échographie a été demandée par les médecins et effectuée en ville ; elle a révélé une splénomégalie (augmentation anormale du volume de la rate).
Les causes de splénomégalie sont souvent liées aux infections tropicales comme le paludisme (très fréquent), la tuberculose, la leishmaniose ou la bilharziose….
Le docteur Parfait chirurgien de l’hôpital a donc décidé, en accord avec la malade de faire l’ablation de la rate le vendredi matin.
Mais pour effectuer cette opération il faut du sang car c’est un acte qui peut beaucoup saigner. N’ayant pas encore de banque de sang à l’hôpital, (mais cette demande est envisagée pour 2026) les 4 poches de sang nécessaire sont demandées à Manakara (6 heures de route).
Le chauffeur parti en ambulance le vendredi matin 9h n’est rentré qu’après 16h.
L’opération est donc reportée au lendemain.
Samedi matin, la patiente est anesthésiée, intubée et l’opération peut commencer. Le chirurgien après ouverture et découverte de la rate et du foie, hésite : doit-il enlever la rate vu l’état dégradé du foie. Il décide tout de même faire l’ablation mais envoie en anatomopathologie un morceau du foie et de la rate.
L’opération aura duré 2 heures, la rate pesait 400gr. (le double d’un poids normal). D’autres opérations similaires ont eu lieu à l’hôpital où le poids de la rate a atteint les 13 kg.
L’opérée à ce jour se remet progressivement de son opération."
1.2 Autogreffe
"Le 29 novembre 2024, Erika, un jeune de 15 ans, est arrivé de la brousse avec une plaie importante sur la cuisse droite. Erika avait d’abord été soigné au village avant d’être amené à l’hôpital. Comme souvent à Madagascar, les malades, les blessés se rendent dans les dispensaires lorsque le cas devient trop difficile à soigner voire impossible. Ce qui explique l’état de la jambe d’Erika à son arrivée.
Après de nombreuses recherches et la consultation d’un dermatologue en France, le diagnostic est tombé : Ulcère de Buruli."
Jusqu’à ce jour de janvier le traitement était basé sur des antibiotiques et des pansements au miel.
Le 20 janvier 2026 le Dr Parfait a décidé de réaliser une autogreffe.
"Mardi matin le docteur Parfait a réalisé l’autogreffe sur les jambes d’Erika. Il a prélevé 22 pastilles sur la jambe gauche qu’il a ensuite déposé sur l’ulcère.
Vendredi matin le pansement a été refait, il est propre et toutes les pastilles ont tenues. On espère que cette greffe accélèrera la guérison d’Erika."
Au 22 février, il s'avère que 16 pastilles ont pris.
2. Les travaux continuent
"Les maçons préparent les murs. Les charpentiers mesurent, pour les bois de la charpente. Bois de plus en plus difficile à trouver à cause de la déforestation."
"Vues depuis le château d’eau où les cuves de 1000 litres ont été nettoyées. Cette opération est effectuée deux fois par an. Les cuves sont successivement vidées, javelisées, rincées. Les filtres et les lampes UV sont également changés."
"Système de filtration de l’eau, pièce située au bas du château d’eau, c’est là que Jean- Noël responsable des travaux et bras droit du père Jean-Yves fait ses calculs pour le pôle mère-enfant."
2.3 Dallage des chemins d'accès
"Je vous parlais l’année dernière de l’opération des tirelires d’enfants du catéchisme de MARLY qui a permis de récolter une somme d’argent.
Cet argent a été employé pour acheter des dalles de granit.
Celles-ci sont déposées au niveau du passage des roues des véhicules. D’autres sont conservées pour lester les toits lors de cyclone.
Un beau don bien employé, merci encore à tous ces enfants."
3. La récolte du riz
"Avec 2,5 hectares de rizières le père Jean-Yves voudrait, en deux récoltes par an, obtenir 13 tonnes de riz paddy (riz non décortiqué) qui donneront 10 tonnes de riz blanc.
Ce riz dans les rizières est tapé sur des tonneaux. La paille de riz est ramassée, stockée et dès que le temps le permet séchée au soleil.
Cette paille de riz sert de litière pour les vaches et ensuite de fumier qui est déposé dans les rizières.
Pour certaines rizières qui ne sont pas très productives un premier fumage est effectué avec du fumier de porc récupéré à Mananjary. Ce fumier est déposé sur la rizière qui est ensuite retournée par les journaliers.
Les grains sont ramassés, séchés au soleil puis des femmes des villages des alentours les "nettoient". Elles enlèvent la poussière, les brindilles...
Les grains sont ensuite resséchés et mis en sac de 50 ou 60 kilos et stockés toujours dans une pièce du garage. Ce riz paddy sera ensuite décortiqué et deviendra riz blanc."
A voir, cette petite vidéo réalisée en janvier 2026 :
Pour conclure
"Nous avons quitté un hôpital qui fonctionne admirablement bien, autosuffisant en eau, en électricité, bientôt en riz et en légumes. Le potager, après la saison des pluies va être mis en culture et le fumier des vaches lui servira d’engrais. Le lait de ces vaches permet de faire des yaourts. Les arbres fruitiers plantés depuis de nombreuses années produisent suffisamment pour satisfaire tous les malades. L’hôpital dans son ensemble est propre, l’ambiance agréable et les consignes bien suivies. On a pu noter le nombre croissant de patients venant pour des examens de laboratoire, une consultation ou pour une opération.
Toutes nos félicitations au père Jean-Yves qui dirige cet établissement avec efficacité, en pensant à l’avenir tout en restant très humain avec tous les employés ou leur famille. Notre séjour nous a confirmé la bonne utilisation des dons reçus et nous encourage à poursuivre nos efforts pour aider l’hôpital Sainte-Anne. Merci à tous pour votre soutien."
Marie-Renée et Pascal Petitmengin - janvier 2026
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